Cette période de confinement est propre à la réflexion. Quel sera le monde d’après ? Que veut-on au juste qu’il devienne ? Comment contribuer à le rendre meilleur ? Pour les humains et la planète ? L’avertissement que nous envoie la Terre nous montre nos limites et appelle à changer nos modes de pensée. Si on ne veut pas voir disparaître l’humanité trop vite avec le réchauffement climatique qui s’accélère sous nos yeux et donner un héritage inextricable à nos enfants et petits-enfants, il faut savoir prendre maintenant les bonnes décisions, et se réunir tous ensemble autour d’un projet réellement adapté à la situation en écoutant nos experts scientifiques.

Actuellement focusés sur la crise sanitaire mondiale sans précédent et la crise économique majeure qui en découle, nous devons garder en effet à l'esprit que les risques le plus élevés au monde restent et resteront dans les prochaines décennies liés au climat. Observez d'ailleurs dans le rapport publié par le Forum Economique Mondial en 2020 que la crise de pandémie est jugée assez moyennement probable et à fort impact... au regard des risques "verts" liés à l'environnement jugés fort probables et à forts impacts.

FEM (Forum économique mondial) , « The Global Risks Report 2020 », Forum économique mondial, 2020.

A l’heure où on attend les recommandations des citoyens à travers la Convention Citoyenne pour le Climat, on peut prévoir notamment des mesures liées à l’alimentation et l’agriculture et d’autres liées à l’habitat. Se nourrir et se loger sont deux besoins élémentaires de toute société qu’il est nécessaire de réadapter pour ne plus nuire à la planète. Pour l’agriculture, il s’agira de revenir à des cultures paysannes sans pesticides et à un élevage sans OGM en réorientant les aides agricoles pour assurer productivité et respect des sols et des espèces. C’est possible comme l’ont déjà démontré des fermes écoresponsables qui reviennent certes à des schémas plus traditionnels en profitant néanmoins des apports de la technologie.

Pour l’habitat, allons-nous décider de construire des maisons, immeubles et bâtiments uniquement autonomes en énergie ? Mieux : allons-nous demander à chaque propriétaire de rénover son bien pour le rendre compatible avec ces nouvelles normes ? L’Etat devra donner l’exemple en se dotant d’un plan de transition en 5 ans sur son patrimoine immobilier et inciter les propriétaires à suivre les normes avec de nouvelles aides incitatrices. Cela devrait non seulement assurer du travail pour tous les artisans et TPE PME du bâtiment mais également créer des emplois dans la filière qui seront revalorisés au détriment du tertiaire.

Cela signifierait aussi une reconversion des métiers de l’habitat et des entreprises vers les activités de construction, rénovation et entretien écoresponsable, comme bien évidemment les constructeurs vers le BBC (Bâtiment à Basse Consommation) et les maisons à énergie positive mais aussi pour les paysagistes la conception de toits végétalisés et l’aménagement de jardins et potagers intégrant la biodiversité, l’installation de compteurs intelligents de consommation et de bornes de recharges pour les voitures électriques pour les électriciens. Cela entraînerait aussi la qualification quasi obligatoire type RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) pour les artisans pour s'assurer de la fiabilité du professionnel. Nous devrons nous servir des abus observés sur l’isolation à 1 euro par certains professionnels peu scrupuleux pour favoriser les professionnels certifiés et recommandés par leurs proches. L’avenir, comme le souligne l’étude BigMat/BVA de fin 2019 (juste avant la crise), ce sont des professionnels écoresponsables, recommandés et proches de leurs clients. C’est d’ailleurs la raison d’être de SuperReco, une petite startup créée pour digitaliser le bouche à oreille et aider les professionnels sérieux à vivre de leurs clients par la recommandation en arrêtant d’investir dans des communications coûteuses et d’être en plus dépendantes des plate-formes d’intermédiation et des GAFAM. Demain, nous pouvons rêver dans le bâtiment à des petites entreprises autonomes qualifiées écoresponsables et proches de leurs clients.

Comme nous devrons valoriser ceux qui nous nourrissent (plus les agriculteurs et moins les industriels et la grande distribution), la société devra aussi valoriser ceux qui nous logent et construisent notre habitat (les artisans et professionnels du bâtiment), au détriment d’activités non utiles à la survie de l’humanité et qui ont engendré une surconsommation injustifiée. Si nous ne le comprenons pas, alors nous devrons en assumer les conséquences. Aujourd’hui, nul ne peut plus ignorer (avec Internet et les prises de paroles de plus en plus fréquentes d’experts que nous avons le temps d’écouter en confinement) les conséquences de nos comportements sur l’accélération du réchauffement climatique, et donc sur l’avenir de l’humanité. Même si l’addition sera à payer cash par les générations suivantes, c’est bien à notre génération de prendre les mesures adéquates en redressant la situation car c’est encore possible aujourd’hui mais le sera beaucoup moins demain.

Je rêve donc d’une énergie citoyenne partagée pour pousser les politiques à changer de braquet avec un projet fédérateur autour de ces enjeux. Et la France peut donner l’exemple, pays qui a su dans son Histoire casser les codes établis pour créer la démocratie.

Alors oui, le secteur du bâtiment peut contribuer à sauver l’humanité en devenant une des charpentes du Projet de demain.

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