En pleine crise sanitaire, s’il est trop tôt pour se prononcer sur l’impact pour les artisans et professionnels du bâtiment, nul doute que l’effet sera très important. Alors que dans un 1er temps, le bâtiment semblait préserver (au moins pour les activités en extérieur), le confinement total et la protection des salariés ont conduit à l’arrêt d’une grande partie des 500.000 entreprises du bâtiment. Nous sommes au début d’une grande crise économique qui aura bien évidemment un impact sur le carnet de commandes des artisans et des professionnels du BTP.

Un report des chantiers

Les mois de mars et d’avril 2020 s’annoncent catastrophiques. Le confinement généralisé sauf pour les activités essentielles a généré le report forcé des chantiers. Si le client lui-même souhaite souvent lui-même le décalage du chantier pour ne pas devoir accueillir chez lui « un corps étranger », nous pouvons penser que des clients inquiets pour leur avenir ( notamment ceux en chômage partiel souvent pour la 1ère fois de leur vie), remettront en cause la nature même des travaux envisagés.

A cela se rajoute que le printemps est la saison des travaux par excellence : piscine, véranda, ravalement, aménagement de jardins….tout est d’habitude beaucoup plus facile avec le retour du soleil. Mais combien de clients auront la chance de se baigner dans leurs nouvelles piscines cet été si les travaux sont reportés de 2 ou 3 mois ?

L’histoire a montré que le secteur du bâtiment a toujours su faire face aux différentes crises subies sur les 30 dernières années. Mieux : elle a toujours su progresser et repartir de plus belles après chaque crise, avec un carnet de commandes qui n’a cessé de grossir au fil des ans comme l’atteste la série recueillie par l’INSEE dans le graphique qui suit.

Quand le bâtiment va, tout va !  chantait Charles Trenet. A réécouter sans modération pour se redonner le sourire

Si on a donc le droit d’être optimiste, on ignore toutefois l’impact d’une crise sanitaire de cette ampleur. Comme le dit notre Président Emmanuel Macron, nous sommes en guerre. L’économie du pays et même du monde est aujourd’hui bloquée. Si la France, l’Europe, les Etats-Unis… annoncent qu’ils ne lâcheront pas les entreprises (« aucune entreprise ne sera livrée au risque de faillite » dixit E. Macron au journal télévisé du  16 mars 2020), qu’ils injectent des chiffres astronomiques en milliards pour se préparer à relancer la machine, les petites entreprises que constitue le secteur du bâtiment (98% ont moins de 20 salariés) font face à une situation inédite.

Il ne s’agira pas uniquement d’une baisse forte de la demande. Quels impacts aura le décès d’un collaborateur suite au coronavirus sur une petite équipe ? Beaucoup se sont quittés sans pouvoir s’embrasser et ne se reverront plus pour certains sans même avoir pu dire un dernier adieu aux obsèques de leur collègue. Affreux. Que dire des conséquences sur le business qui même si elles sont secondaires risquent d’être lourdes au vu de la difficulté bien connue de recruter et former du personnel qualifié dans le bâtiment ?

Et bien évidemment il  y aura des problèmes de trésorerie dans les entreprises. Ce n’est pas le report des charges sociales et fiscales , le fond de solidarité de 1500 euros sur mars (sous conditions de prouver une perte de plus de 50% et de faire moins de 1 ME de CA avec moins de 11 salariés) qui va sauver les entreprises de la faillite même si toutes ces initiatives sont à saluer de la part de l’Etat. Certes, le passage au chômage partiel limite les dégâts. Encore faut-il que l’employeur avance l’argent et fasse la demande, aidé par son expert-comptable.

Pour bénéficier sur simple déclaration de la prime de 1500 euros, vous devez vous rendre sur impots.gouv et suivre le mode d'emploi en allant sur votre messagerie personnelle.
Vendredi 27 mars, le gouvernement a décidé de baisser le seuil de baisse de CA de 70% à 50%
Les entreprises les plus en difficulté pourront demander à partir du 15 avril une aide complémentaire de 2000 euros auprès des services de la région

De plus, il faudra aussi en tirer les leçons et se poser la question de l’écoresponsabilité plus que jamais essentielle. Si nous voulons donner tort aux collapsologues qui annoncent la fin du monde, chacun doit faire sa part pour lutter contre le réchauffement climatique. En effet, personne ne veut imaginer après la vague du COVID 19 une nouvelle vague encore plus violente. Or les virus seront de plus en plus persistants et tueurs si la planète prend 8 degrés de plus dans les 50 ans comme l’annonce la plupart des experts scientifiques.

Il s’agit donc tous d’être un colibri et de faire sa part. Et très vite car le temps presse. Ce qui revient aux professionnels du bâtiment est de recycler les déchets, de rénover et construire en limitant les dépenses énergétiques, de repenser l’habitat ….comme le décrit très bien la FFB afin de « bâtir pour sa planète » dans le respect de la loi sur la transition énergétique.

Bien conscient que cela peut rajouter « une obligation » à une situation qui semble hyper complexe à gérer, le monde d’après le coronavirus risque de ne pas ressembler au précédent. C’est même ce que nous pouvons lui souhaiter et ce que nous devons construire : passer d’une économie financière à une économie réelle, favoriser le local dans les échanges et la production, jouer la solidarité inter-générationnelle… prenant enfin conscience que nous sommes la Nature suite au rappel à l’ordre qu’elle vient de nous adresser. Le réveil des hommes après sa quarantaine forcée sera révélateur à observer.

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